Les douaniers de Moustier en Fagne
Gravure signée E. Fort
Pourquoi un article sur cette corporation ?
Parce que, comme on va le voir ci-après, les employés des douanes sont, de par leur fonction, des itinérants,
donc difficiles à suivre géographiquement,
nous espérons que les informations communiquées vous permettront de trouvver quelques pistes et peut-être de combler une lacune.
De l'antiquité à la ferme généraleLa ferme généraleLa régieL'uniformeLes douaniers au XIXème siècle à Moustier en Fagne
De l'antiquité à la ferme générale
Dès la plus haute antiquité, les États ont prélevé des impôts sur les marchandises franchissant les frontières. Ces impôts, surtout
perçus à l'importation, répondaient pour l'essentiel à une préoccupation fiscale: celle de remplir les caisses publiques.
LA prohibition, déjà, était également pratiquée, elle visait, à l'exportation, à protéger la collectivité contre les risques de pénurie
des denrées et autres produits indispensables ..
Ces droits perçus à l'importation étaient modérés: en général, le quarantième (« le quarantième des gaules ») ou le cinquantième
de la valeur de la marchandise, puis, ils ont été perçus aux limites des circonscriptions fiscales
Le recouvrement était effectué, selon un usage largement répandu dans le monde jusqu'à la fin du l8e siècle, par des employés
de compagnies privées, selon la pratique de l'affermage.
C'est en 1598 que Sully confie à une seule ferme, au lieu de cinq, la perception des droits levés dans le groupe des provinces
soumises aux droits du Roi (provinces dites des "Cinq Grosses Fermes").
En 1607, il promulgue un Règlement Général sur les traites qui tend à uniformiser les pratiques administratives.Au milieu du XVIIème siècle, lorsque Colbert arrive aux affaires, la France est divisée en trois parties principales: les provinees des "Cinq Grosses Fermes", les provinces "réputées étrangères", les provinces" à l'instar de l'étranger effectif', qui
forment des zones franches ..
Les droits perçus, dont la diversité est sans limite, portent des appellations parfois pittoresques: outre le haut-passage, le rêve
et la traite foraine, on trouve la douane de Lyon et de Valence, les convoi et comptablie de Bordeaux, la table de fer, la branche
de cyprès de Blaye, le premier tonneau de fret, l'entrée de Calais, le sénage, le quillage et le cellerage de Nantes, la traite
morte de Bretagne, la coutume de Bayonne, le péage d'Aix, etc.
C'est Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), contrôleur Général des Finances sous Louis XIV, qui modernise la douane:
- affirmation du rôle économique des droits de douane avec le tarif douanier de 1664, qui établit une protection modérée.
- Mise en place du tarif de 1667 qui fixe une tarification beaucoup plus élevée de certains produits, en vue d'écarter les
productions hollandaises et anglaises.
Le tarif de 1664 n'ayant pu être étendu à tout le royaume par suite de l'opposition des provinces "réputées étrangères", le tarif
de 1667 leur est imposé, il ne fait pas disparaître les douanes intérieures, mais pour la première fois, la France dispose à ses
frontières d'un début de tarif national qui s'appliquera, à la fin du siècle suivant, à plus de deux cinquièmes des marchandises.
Enfin, deux grandes Ordonnances, la première publiée, la seconde préparée du vivant du Ministre, codifient et précisent le
droit douanier en 1681 et 1687, ces textes sont à la base de la législation douanière moderne.
La ferme générale
C'est l'organisme privé qui reçoit par bail de 6ans du Roi, le droit de lever des impôts, c'est à dire, presque tous les droits de
traite et autres droits indirects dont la très impopulaire gabelle. L'adjudicataire, un prête nom, s'engage à verser au trésor le
montant du bail et conserve pour rémunération l'excédent que rapporte la perception des droits, ce qui représente des montants
très importants; à partir de 1780, cet excédent sera plafonné.
La Ferme est en pratique dirigée par les fermiers généraux, environ une quarantaine, qui amassent des fortunes colossales.
Les tracasseries administratives au niveau des bureaux, les méthodes parfois brutales des gardes des brigades, l'impopularité
de plus en plus forte de la gabelle contribuent à entretenir la colère des populations.
Organisation
Les employés de la Ferme ne sont pas de fonctionnaires royaux mais agissent au nom du Roi, ce qui leur permet de bénéficier
de certains privilèges et de la protection de la loi, ils sont organisés en deux services.
-Le personnel de bureau qui vérifie, liquide et perçoit les droits et taxes avec les fonctions de directeur, commis, vérificateur,
inspecteur et receveur
-Le personnel de brigade qui est chargé de la prévention, de la recherche, de la réprimande sur le terrain, il porte l'uniforme,
les gardes des brigades sont armés.
(Pour de plus amples renseignements sur la Ferme Générale et les greniers à sel, voir l'article d'Olivier Dufour sur
http://pryjmak.club.fr.histoire/gabelle, pour l'histoire de la douane
et les musées voir http://www.douane.gouv.fr).
La régie
La nationalisation de la Ferme le 21 Mars 1791 donne naissance à La Régie dont le personnel qui a été ramené à 15000agents
environ est exclusivement affecté au commerce extérieur, les taxes intérieures ayant été abolies.
Deux outils sont créés:
-un tarif des droits à percevoir
-un code qui reprend l'essentiel des procédures jusqu'à là en vigueur.
Organisation
Comme sous la Ferme Générale, le personnel est réparti en services sédentaires et actifs.
Le mode de recrutement est particulier, on entre dans le service par la voie du surnumérariat, le nouvel engagé, en surnombre,
n'est pas rémunéré jusqu'à sa titularisation qui n'intervient qu'après un délai de un an au minimum.
L'agent qui postule au mariage doit être célibataire et justifier de 2 à 5 ans de service à solde entière ou avoir 28ans révolus,
sa future doit avoir des ressources suffisantes (pour pourvoir subvenir en cas de besoins compte tenu de la faible solde), apporter
une dote minimum, appartenir à une famille respectable.
Alors, le postulant est autorisé à formuler par voie hiérarchique une demande de mariage au Directeur des douanes, seul habilité
à délivrer cette autorisation, dés que celle ci est donné, la mutation géographique de l'agent est automatique.
-Le personnel de bureau comprend les mêmes fonctions que celles de la Ferme
-Le personnel des brigades qui porte l'uniforme comprend les fonctions de capitaine, lieutenant sous-lieutenant, brigadier,
sous-brigadier, préposé, planton.
L'organisation est militaire, parfois avec casernement; les conditions de travail sont très dures, la surveillance s'exerce sur
la vie privée, les fréquentations, les habitudes, les attitudes.
L'uniforme
L'uniforme des douanes est une création du Consulat, qui, après en avoir doté les brigades (arrêté du 14 février 1800), l'étend
aux bureaux en 180 l.
C'est sous la Restauration que l'uniforme devient l'apanage du seul service des brigades, l'évolution de cette tenue suivra alors
celle des uniformes des armées de terre et de mer
La couleur originelle dominante de l'uniforme douanier est le vert
(qui disparaît de la tenue des douaniers en 1904 quand la vareuse devient bleu marin)
Depuis 1835, le pantalon est bleu céleste mais la bande garance
( plante herbacée utilisée pour colorer en rouge) n'y apparaît qu'en 1852.
Les douaniers au XIXème siècle à Moustier en Fagne
L'analyse qui suit est tirée du relevé NMD de la commune de Moustier en Fagne pour la période 1793-1905, par l'auteur,
éditée par le CHGB, elle a pour but de donner au lecteur quelques éléments de repaire
Il n'y avait pas de poste de douanes à Moustier, les postes les plus proches étaient situés à Eppe-Sauvage, Moranrieux
(dépendant de Wallers Trélon) et Ohain.
Les origines des agentsLes mariagesLes naissancesLes décèsLes témoins des événements
Les origines des agents
Baives - Berck - Clerfayts - Foulquemont(57) - Liart(08) - Lonvois(Moselle) - Paris - Rumignies(08) - Trélon - Saint Michel(02)
Les mariages
On dénombre Il mariages d' agents (dont un retraite), pour les couples ci après:
11/2/1839 NICOLAS Augustin(préposé)-MICHAUX Pauline Félicité
22/10/1823 BICHE Nicolas Hyppolite(ss brigadier)- LOBET Sidonie
11/4/1839 CHOQUENOT Jean Bap (brigadier) -FONTINELLE Marie Geneviève-
2/12/1833 CROUY Jean Louis(employé)-DOCQUIER Catherine Josèphe
2/4/1818 *DUFOUR Charlesùss Iieutenant)-MOREAUX Félicité Josèphe
22/5/1819 DARAS Françoist(ss lieutenant) Joseph - PRlSSETTE Marie Augustine
5/6/1849 FRANQUART Edmond(préposé) Joseph - V ALIN Sophronie
30/4/1859 GERBEAUX Louis Michel(retraité)-MICHAUX Sophie Josèphe
22/7/1850 *PIERROT Louis Joseph Charles(préposé)-CLAUX Marie Camille Eulalie
31/1/11845 SIRIL André Joseph(préposé)-DESIR Marie Eugénie
13/11/1817 *THOMAS François( douanier royal) Joseph - DEL V AUX Christine
et un mariage de fille d'agent:
22/10/1823 BERTEAUX Charles Louis - BAUDEZ Pauline Félicité
dont le père est lieutenant à Hannapes(08).
A noter qu'il n'y a plus de mariages après 1859.
Les naissances
| Date | Nom du Père | Prénom du père | Nom de la mère | Prénom de la mère |
|---|---|---|---|---|
| 12/GER/VII | BAUDET | NICOLAS JOSEPH | CANARD | MARIE JOSEPH |
| 28/07/1826 | BAUDRY | PIERRE ANTOINE | DUPONT | AGNES |
| 25/06/1839 | BOUVENOT | LOUIS JOSEPH | DAUL?? | ?? |
| 09/06/1839 | BRY | ALEXIS JOSEPH | DUTRIEUX | EUPHROISINE JOSEPH |
| 28/09/1853 | CARDON | JULES | BRY | LEOCADIE |
| 12/12/1816 | COLNOT? | ANTOINE JOSEPH | HORNOY | ADELAÏDE CHARLOTTE |
| 29/03/1846 | DARDENNE | JEAN BAPTISTE FREDERIQUE | LEBAUTRE? | MARIE ADELAIDE |
| 25/08/1822 | DEMOTTE | PIERRE | DUQUENOY | ANGELIQUE |
| 12/02/1844 | DREAUX | DESIRE | MICHE | AURELIE |
| 24/02/1845 | DREAUX | DESIRE | MICHE | AURELIE |
| 18/05/1846 | DREAUX | DESIRE | MICHE | AURELIE |
| 21/05/1851 | DREAUX | DESIRE | MICHE | AURELIE |
| 08/11/1828 | DRUMIGNY | THEODORE | BUISSEIN | NATHALIE |
| 05/10/1834 | DRUMIGNY | THEODORE | BUISSEIN | NATHALIE |
| 07/10/1836 | DRUMIGNY | THEODORE | MICHE | NATHALIE |
| 26/10/1822 | DUBREUIL | JACQUES JOSEPH | CHENITZ | CHRISTINE |
| 19/04/1853 | DUBUQUOY | JULES | AUQUIER? | AMELIE |
| 21/05/1855 | DUBUQUOY | JULES | AUQUIER? | AMELIE |
| 19/05/1819 | DUFOUR | CHARLES | MOREAUX | FELICITEE |
| 17/12/1815 | GRANCOURT | JEAN JOSEPH GABRIEL | BERT? | ANNE CLAIRE PHILIPPINE |
| 01/08/1819 | HART | ANDRE | MALECHE | CATHERINE |
| 11/03/1823 | JOURNIAUX | BENOIT | JACQUET | MARIE LOUISE THERESE |
| 06/04/1842 | LANGLOIS | EUGENE | LERMUSIAUX | FLORENCE |
| 17/07/1839 | LAUNOIX | JEAN PIERRE | ROSSELET | MARIE BARBE |
| 11/12/1840 | LAUNOIX | JEAN PIERRE | ROSSELET | MARIE BARBE |
| 27/12/1854 | MAIRIAUX | CHARLES | OLIVIER | VICTOIRE |
| 04/08/1818 | MARTINAGE | PIERRE ANDRE | BERLINET | MARIE |
| 30/09/1820 | MARTINAGE | ANDRE | BASTIEN | AUGUSTINE |
| 23/05.1822 | MARTINAGE | ANDRE | BERTINE | AUGUSTINE |
| 06/11/1824 | MARTINAGE | ANDRE | BERTINE | AUGUSTINE |
| 27/02/1843 | MOINY | JACQUES JOSEPH | BRY | MARIE ANGELIQUE |
| 09/12/1850 | PICARD | PIERRE VALENTIN | ANCIAUX | MARIE FRANCOISE |
| 03/12/1853 | PICARD | VALENTIN | ANCIAUX | FRANCOISE |
| 27/05/1855 | PICARD | VALENTIN | ANCIAUX | FRANCOISE |
| 04/07/1829 | PIERROT | LOUIS ALEXIS | FOQUEUX | SCOLASTIQUE |
| 26/06/1833 | PIERROT | LOUIS ALEXIS | D(L)OQUESNE | SCOLASTIQUE |
| 20/11/1834 | PIERROT | ALEXIS | D(L)OQUESNE | SCOLASTIQUE |
| 02/01/1839 | PIERROT | LOUIS ALEXIS | COGUENNE? | SCOLASTIQUE |
| 23/07/1851 | PIERROT | CHARLES LOUIS | CLAUX | MARIE CALINE EULALIE |
| 10/11/1848 | PILARD | PIERRE AUGUSTIN | ARNAUD? | MARIE FRANCOISE |
| 12/05/1829 | RAUX | ANTOINE | WALBERGUE | ANASTASIE |
| 04/12/1817 | SIRIL | JEAN BAPTISTE | MAYEUR | ROSE |
| 22/02/1821 | SIRIL CIRY | JEAN BAPTISTE | MAYEUR | MARIE ROSE |
| 12/03/1817 | THOMAS | FRANCOIS | DELVAUX | CHRISTINE |
| 05/11/1819 | SIRIL SIRY | JEAN BAPTISTE | MAYEUR | MARIE ROSE |
| 12/04/1816 | TARPIN | JACQUES LOUIS | NON PRECISE | JEANNETTE ADRIENNE |
| 12/03/1817 | THOMAS | FRANCOIS | DELVAUX | CHRISTINE |
| 01/07/1841 | TRUFFAUX | CLOVIS LOUIS | MARSELOT | MARIE ANGELIQUE |
47 naissances pour 31 couples
A noter que l'on n'enregistre plus de naissances après 1855.
Les décès
| Année | Nom du père | Prénom du père | Nom de la mère | Prénom de la mère |
|---|---|---|---|---|
| 1839-1844 | DREAUX | DESIRE,?préposé | MICHE | AURELIE |
| 1833 | LAURENT | ANTOINE FRANCOIS, préposé | GRAVELINE | MARIE JOSEPHE |
| 1821-1823-1823 | MARTINAGE | ANDRE, douanier 35/37 | BERTINE | AUGUSTINE |
| 1854 | PICART | VALENTIN, employé 49 | ANCIAUX | FRANCOISE |
7 décès d'enfants d'agents pour les couples ci dessus: | ||||
On dénombre 3 décès d'agents:
21/12/1860 CROUY Jean Louis, retraité, 81 de Rumigny, d'Antoine et PHILIPPOT
Marie Josèphe, veufBLAIVEAU Jeanne et DOCQUIER Catherine
29/1/1841 MOUSSET Rémy, préposé,33 de St Michel, de Jean Jacq et COPIN Elizabeth
23/12/1832 ROMPTEAU Paul, préposé, 34, de Benoît et LAHET Désirée Henriette
-1 décès d'épouse d'agent:
20/10/1822 FREMONT Amélie, 32 de Solre St Géry(B), épouse de MASSICOT André douanier
Les témoins des événements
Les témoins constituent, pour cette corporation, une source intéressante d'informations, notamment au niveau de leur mobilité
géographique, ont été recensés tous les témoins cités dans les actes, classement par type d'acte et date.
BERTOLET Pierre, brigadier, 30a X 1843
BOUVENOT Louis, ss brigadier, 27a ° et X 1839
CARDON Pierre, douanier, 49a +1852
CHAMPION Achille, employé, 21a ° et + 1855
CHOQUENET JB Augustin, lieutenant, 26 X 1839
DARDENNE JB Frédérique, préposé, 28a X 1846
DEL VILLE Pierre Louis, préposé, 31a ° et X 1839-1840
DUBUQUOY Jules, douanier, 26a ° et + 1854
DUFOUR Charles, ss lieutenant, 52a X 1819
GERBAUX Louis Michel, préposé, 56a X 1839
HERELLE Pierre Prosper, brigadier, 38a X 1849
JA~QUET Denis, lieutenant, 48a ° 1823
LEDET Clément Louis, lieutenant, 47a ° 1832 et X 1833
LANNOIS Jean Pierre, préposé, 40a ° 1839
LEONARD François, douanier, 46a X 1818
MAIRIAUX Charles, douanier, 34a ° 1855
MERCIER Henri, préposé X 1833
MANIEZ Jacques, ss lieutenant, 40a X 1818
NOIRET François, préposé, 45a X 1840
PIERROT Louis Alexis, préposé, 37a + 1832 er X 1839
RI GAUMONT Jean Nicolas, douanier, 24a X 1822
TARPIN Louis, douanier, 38a X 1818
Pour de plus amples renseignements, contacter l'auteur.
James HARDY.
Conflit 1914-1918
CONFLIT 1914. 1918
Chronique d'une catastrophe évitée de peu.
Les soldats allemands (les Uhlans) arrivèrent à Moustier le 26 août 1914.
L'un d'eux fût tué près du carrefour central de Moustier (Bout là Haut- Grand Rue). C'est alors que les allemands rassemblèrent les villageois qui étaient encore présents et les ont attachés. Le village devait être brûlé en représailles. Mais l'intervention de plusieurs habitants avec les allemande fut déterminante. Finalement, seuls deux immeules furent incendiés (l'école et la maison face au carrefour) ainsi qu'une partie des dépendances du prieuré. C'est ainsi que fut sauvée la majeure partie des habitations et peut-être aussi les habitants.
L'instituteur de l'époque, Henri Lançon a du être hébergé au Monastère en attendant la reconstruction de l'école.
Pendant l'occupation, de nombreuses restrictions et réquisitions étaient imposées à la population.
En 1918, sentant la défaite, les allemands réquisitionnèrent toutes les bêtes pour les conduire en Allemagne.
Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1918, le régiment du 20 ème RI reçoit enfin l'ordre de se porter tout entier en avant garde de la Division, à la lisière Est du bois de Trélon entre Eppe-Sauvage et Moustier...
Le troisième bataillon se porte sur Moustier. A onze heures trente, les soldats s'emparent des premières maisons de la rue du Bout là Haut. La progression est difficile, les mitrailleuses crépitent sans arrêt, balayant toute la zone. A 17 heures, la ténacité des soldats français du bataillon MARCHAND permet de s'emparer du carrefour central de la commune. Le lendemain, le 11 novembre à 5 heures, l'ennemi se repli et cède du terrain sur tout le front. La frontière est franchie.
Conflit 1939-1945
CONFLIT 1939. 1945
Dès la déclaration de la guerre de la France à l' Allemagne, en septembre 1939, des régiments français occupèrent les villages frontaliers comme Moustier en Fagne jusqu'en mai 1940 à l'abri de la ligne Maginot prolongée, encore appelée "ligne Maginette".
A Moustier, le 8 ème Chasseur d' Orléans et le 19 ème Dragon motorisé prirent position dans la commune. Les soldats logeaient dans les granges, les gradés dans les habitations. Ils allaient chercher leur repas au Prieuré mais les habitants leur distribuaient des suppléments (lait, boissons). C'était la drôle de guerre.
Quelques vestiges subsistent de nos jours; ainsi on peut voir encore dans certains greniers les restes de postes d'observation (siège rudimentaire en bois près des "potelles" de grenier).
Ces soldats restèrent jusqu'au 11 ami 1940 où ils reçurent l'ordre de se porter au devant de l'envahisseur en Belgique mais le 12 mai c'est le début de la "débandade". Le 16 mai 1940 c'est la percée allemande à CLAIRFAYTS du général ROMMEL à la tête de ses blindés.
Les villages devinrent quasi-déserts; les habitants avaient évacué. Certains pour toute la durée de la guerre, d'autres pour quelques jours seulement faute de moyens de transport.
Au cours de l'hiver 39-40, reconstituant les grandes unités de Cavalerie en prévision de la campagne d'été, le commandement redonne la vie au 40 Chasseurs à la date du t février1940 avec appellation de 4ème Régiment d'automitrailleuses.
Le 4ème R.A. M., que commande alors le Lieutenant-Colonel GREVY est le régiment de découverte de /a 14ème brigade légère motorisée qui appartient à la 4ème division légère de Cavalerie. Il s'instruit et se prépare au combat dans la région de TRELON (Nord). Mais l'armée allemande envahit la Belgique. Le Régiment remplit magnifiquement Sa mission de découverte enfonçant sur la Meuse qu'il atteint le 10 mai puis qu'il dépasse largement. Cependant le déferlement des corps cuirassés allemands appuyés par des escadres de "stuckas" est irrésistible. Le 4e Régiment d'automitrailleuses, combattant méthodiquement et sans interruption pendant 10 jours, couvre la retraite des grandes unités vers la Somme.
Le 15mai il dégage deux régiments de Dragons. Le 18, il enlève le seul pont intact sur l'Escaut, déjà tenu par l'ennem4 permettant aux débris de la 4ème division légère de Cavalerie d'échapper à la capture.
Le 14mai le Lieutenant-Colonel CREVY a dû remplacer le Commandant de la Brigade, tué. Le Chef d'escadrons CHAPEL prend le commandement du Régiment.
Lorsque la 4ème division légère de Cavalerie est envoyée dans la région de LIMOURS pour se réorganiser il ne reste plus du valeureux 4ème Régiment d'automitrailleuses que 6 automitrailleuses, un char, et quelques motos. Mais il s'était attiré l'estime et la reconnaissance d'unités de toutes armes pour lesquelles il s'était sacrifié. Le général BOUFFET commandant le 11ème Corps, frappé à mort, devait dire avant d'expirer au Lieutenant-Colonel CREVY: je tiens à rendre hommage à l'attitude et à la bravoure de vos équipages et de vos troupes, ils ont été ma dernière consolation".
La 4ème division légère mécanique avait vécu.
La 7ème division légère mécanique est improvisée du 22 mai au 5juin. La 14e brigade légère mécanique de cette division englobe le 4ème RAM. reconstitué.
Du 25mai au 25 juin, le 4ème RAM. va combattre de Champagne en Bourgogne et au Sud de la Loire.
Pour conter Sa tragique et magnifique histoire, il suffit de s'en rapporter au jugement du général de LATTRE de TASSIGNY:
"Comment se sont battus les cavaliers du 4ème Régiment d'automitrailleuses et tous ceux du Groupement CREVY", je l'ai vu au cours des journées de juin 1940,j'ai souffert avec eux lorsque, mêlés aux rangs des fantassins et chasseurs de ma chère 14ème division, ils ont rivalisé avec eux de la volonté de " ne pas subir " Je les ai admirés à St-MARTIN -l'HEUREUX à St-SOUPLET à ST-HILAIRE-au-TEMPLE, lorsqu'ils se sacrifièrent dans une lutte à un contre dix; ils ont tenu tête pendant quarante huit heures à deux panzer-divisionen. Ancien Dragon moi-même ils m'ont rempli de fierté, lorsque le 12juin harassés de fatigue et réduits au quart de leurs effectifs, leur demandant de "faire encore un effort en cavalier", ils se sont conduits en héros. Et j'ai pleuré avec eux, quand, débordés de toutes parts et cernés sur nos arrières, ils nous fallut abandonner ces plaines de Champagne où tant des nôtres étaient tombés".
Dans l'affreuse tourmente, ces hommes ont, de tout coeur donné la preuve éclatante que les vertus militaires de notre race étaient restées intactes. Et c'est pourquoi, lorsqu'on lit la douloureuse épopée du 4ème Régiment d'automitrailleuses, il nous revient sans cesse à l'esprit la phrase de Pascal je crois aux témoins qui se font tuer.
Vient l'armistice, les pertes du RAM. en 2 mois de combat d'une violence rarement égalée, avaient été de 795 dont 29 Officiers.
Le 10 juillet 1940, le 4ème RAM. devient à nouveau le 4ème Régiment de Chasseurs, qui est lui -même dissous à la fin du même mois.
Commémoration 194.1918
La petite salle des fêtes de la commune s’est transformée en mémorial, le temps d’une exposition consacrée à la Guerre 1914-1918.
Ce rendez-vous avec la grande Histoire et les petites histoires des soldats, organisé conjointement par le conseil municipal et le comité des fêtes, et ouvert samedi 21 et dimanche 22 juin, a célébré le centenaire de 1914-1918 avec originalité.
Sur place, émanant d’une collection personnelle privée gracieusement prêtée par un Ardennais, cette exposition a donné à voir, sécurité oblige, des armes démilitarisées, à l’instar du fusil allemand Mauser de 1891 ou bien encore du pistolet Mauser avec étui en bois de 1911 et pousse-cartouche qui a servi dans l’armée allemande pendant le premier conflit mondial. D’autres pièces exposées, également rares et uniques, ont interrogé.
Comme les mannequins anglais, français et allemands en tenues militaires d’époque d’orage d’acier dans les tranchées. Sur place encore, le maire, Jean-Michel Hancart a commenté avec générosité, tenant dans la main une pièce symbolique « Cette pièce vient du fort de Douaumont de 1917. C’est un authentique barbelé avec un éclat d’obus. Elle dit la souffrance». La famille Gutmann a tourné les pages de la revue de presse signée et prêtée par Marcel Jérôme de Sains-du-Nord et découvert qu’à Avesnes-sur-Helpe, en 1915, un éléphant est passé avec l’armée allemande, écrasant sur son passage l’espoir de la paix.
Le public a répondu massivement présent à cette exposition de très belle facture et rallumé la flamme du souvenir.
( Extrait Voix du Nord du 25 juin 2014 )





























































