Conflits 1914-1918 / 1939-1945

CONFLIT 1914-1918


Chronique d'une catastrophe évitée de peu. 

Les soldats allemands (les Uhlans) arrivèrent à Moustier le 26 août 1914.
L'un d'eux fût tué près du carrefour central de Moustier (Bout là Haut- Grand Rue). C'est alors que les allemands rassemblèrent les villageois qui étaient encore présents et les ont attachés. Le village devait être brûlé en représailles. Mais l'intervention de plusieurs habitants avec les allemands fut déterminante. Finalement, seuls deux immeules furent incendiés (l'école et la maison face au carrefour) ainsi qu'une partie des dépendances du prieuré. C'est ainsi que fut sauvée la majeure partie des habitations et peut-être aussi les habitants. 
L'instituteur de l'époque, Henri Lançon a du être hébergé au Monastère en attendant la reconstruction de l'école.
Pendant l'occupation, de nombreuses restrictions et réquisitions étaient imposées à la population.
En 1918, sentant la défaite, les allemands réquisitionnèrent toutes les bêtes pour les conduire en Allemagne.
Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1918, le régiment du 20 ème RI reçoit enfin l'ordre de se porter tout entier en avant garde de la Division, à la lisière Est du bois de Trélon entre Eppe-Sauvage et Moustier...

Le troisième bataillon se porte sur Moustier. A onze heures trente, les soldats s'emparent des premières maisons de la rue du Bout là Haut. La progression est difficile, les mitrailleuses crépitent sans arrêt, balayant toute la zone. A 17 heures, la ténacité des soldats français du bataillon MARCHAND permet de s'emparer du carrefour central de la commune. Le lendemain, le 11 novembre à 5 heures, l'ennemi se repli et cède du terrain sur tout le front. La frontière est franchie.


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lCONFLIT 1939-1945


Dès la déclaration de la guerre de la France à l' Allemagne, en septembre 1939, des régiments français occupèrent les villages frontaliers comme Moustier en Fagne jusqu'en mai 1940 à l'abri de la ligne Maginot prolongée, encore appelée "ligne Maginette". 
A Moustier, le 8 ème Chasseur d' Orléans et le 19 ème Dragon motorisé prirent position dans la commune. Les soldats logeaient dans les granges, les gradés dans les habitations. Ils allaient chercher leur repas au Prieuré mais les habitants leur distribuaient des suppléments (lait, boissons). C'était la drôle de guerre.
Quelques vestiges subsistent de nos jours; ainsi on peut voir encore dans certains greniers les restes de postes d'observation (siège rudimentaire en bois près des "potelles" de grenier).
Ces soldats restèrent jusqu'au 11 ami 1940 où ils reçurent l'ordre de se porter au devant de l'envahisseur en Belgique mais le 12 mai c'est le début de la "débandade". Le 16 mai 1940 c'est la percée allemande à CLAIRFAYTS du général ROMMEL à la tête de ses blindés. 
Les villages devinrent quasi-déserts; les habitants avaient évacué. Certains pour toute la durée de la guerre, d'autres pour quelques jours seulement faute de moyens de transport.


Au cours de l'hiver 39-40, reconstituant les grandes unités de Cavalerie en prévision de la campagne d'été, le commandement redonne la vie au 40 Chasseurs à la date du t février1940 avec appellation de 4ème Régiment d'automitrailleuses. 
Le 4ème R.A. M., que commande alors le Lieutenant-Colonel GREVY est le régiment de découverte de la 14ème brigade légère motorisée qui appartient à la 4ème division légère de Cavalerie. Il s'instruit et se prépare au combat dans la région de TRELON (Nord). Mais l'armée allemande envahit la Belgique. Le Régiment remplit magnifiquement sa mission de découverte en fonçant sur la Meuse qu'il atteint le 10 mai puis qu'il dépasse largement. Cependant le déferlement des corps cuirassés allemands appuyés par des escadres de "stuckas" est irrésistible. Le 4e Régiment d'automitrailleuses, combattant méthodiquement et sans interruption pendant 10 jours, couvre la retraite des grandes unités vers la Somme. 
Le 15mai il dégage deux régiments de Dragons. Le 18, il enlève le seul pont intact sur l'Escaut, déjà tenu par l'ennemi permettant aux débris de la 4ème division légère de Cavalerie d'échapper à la capture. 
Le 14mai le Lieutenant-Colonel CREVY a dû remplacer le Commandant de la Brigade, tué. Le Chef d'escadrons CHAPEL prend le commandement du Régiment. 
Lorsque la 4ème division légère de Cavalerie est envoyée dans la région de LIMOURS pour se réorganiser, il ne reste plus du valeureux 4ème Régiment d'automitrailleuses que 6 automitrailleuses, un char, et quelques motos. Mais il s'était attiré l'estime et la reconnaissance d'unités de toutes armes pour lesquelles il s'était sacrifié. Le général BOUFFET commandant le 11ème Corps, frappé à mort, devait dire avant d'expirer au Lieutenant-Colonel CREVY: je tiens à rendre hommage à l'attitude et à la bravoure de vos équipages et de vos troupes, ils ont été ma dernière consolation". 
La 4ème division légère mécanique avait vécu. 
La 7ème division légère mécanique est improvisée du 22 mai au 5juin. La 14e brigade légère mécanique de cette division englobe le 4ème RAM. reconstitué. 
Du 25mai au 25 juin, le 4ème RAM. va combattre de Champagne en Bourgogne et au Sud de la Loire. 
Pour conter sa tragique et magnifique histoire, il suffit de s'en rapporter au jugement du général de LATTRE de TASSIGNY: 
"Comment se sont battus les cavaliers du 4ème Régiment d'automitrailleuses et tous ceux du Groupement CREVY", je l'ai vu au cours des journées de juin 1940, j'ai souffert avec eux lorsque, mêlés aux rangs des fantassins et chasseurs de ma chère 14ème division, ils ont rivalisé avec eux de la volonté de " ne pas subir " Je les ai admirés à St-MARTIN -l'HEUREUX à St-SOUPLET à ST-HILAIRE-au-TEMPLE, lorsqu'ils se sacrifièrent dans une lutte à un contre dix; ils ont tenu tête pendant quarante huit heures à deux panzer-divisionen. Ancien Dragon moi-même ils m'ont rempli de fierté, lorsque le 12 juin, harassés de fatigue et réduits au quart de leurs effectifs, leur demandant de "faire encore un effort en cavalier", ils se sont conduits en héros. Et j'ai pleuré avec eux, quand, débordés de toutes parts et cernés sur nos arrières, ils nous fallut abandonner ces plaines de Champagne où tant des nôtres étaient tombés". 
Dans l'affreuse tourmente, ces hommes ont, de tout coeur donné la preuve éclatante que les vertus militaires de notre race étaient restées intactes. Et c'est pourquoi, lorsqu'on lit la douloureuse épopée du 4ème Régiment d'automitrailleuses, il nous revient sans cesse à l'esprit la phrase de Pascal, je crois aux témoins qui se font tuer. 
Vient l'armistice, les pertes du RAM. en 2 mois de combat d'une violence rarement égalée, avaient été de 795 dont 29 Officiers. 

Le 10 juillet 1940, le 4ème RAM. devient à nouveau le 4ème Régiment de Chasseurs, qui est lui -même dissous à la fin du même mois.


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