La conservation

Quand le dernier coup de pinceau a été donné, l'icône doit sécher quelques jours. Puis on procède à son " vernissage".
L'opération sert à fixer la couche de couleur au support de bois, de toile et de plâtre et à protéger la peinture de la poussière et des agents atmosphériques.
On utilise un vernis gras dont la recette fut conservée pendant des siècles dans les monastères du mont Athos. C'est un vernis à base d' huile de lin cuite, mélangé à des résines et des sels minéraux, parfois de cire d'abeille et qui est connu sous le nom "d'olifa".
Avec le temps, ce vernis à tendance à noircir: Les tonalités des icônes anciennes sont donc très sombres. Pendant longtemps, le public s'est donc mépris sur leur aspect original. Il fallut attendre le début du XXème siècle pour que les premières restaurations scientifiques révèlent l'état des couleurs du passé. La réalisation d'une icône ne se réduit pas à la somme de ces opérations. Sans la bénédiction, l'icône ne serait qu'un morceau de bois peint. C'est l'oeuvre du saint Esprit qui, à travers l'Eglise, transforme ce bois peint en un "sacramental " ; véhicule efficace de la grâce divine, signe vivant de Dieu et présence de Son visage. L'icône est alors offerte à la vénération du peuple de Dieu. Sa réalisation aura exigé non seulement, habileté, expérience et génie créatif, mais aussi ascèse spirituelle, humilité et foi vivante, soutenue par la communauté des croyants. Le peintre sait qu'il a seulement "prêté ses mains " .
C'est pourquoi l'oeuvre ne sera pas signée: tout ce qui est en elle n'appartient pas au peintre mais à l'éternel mystère de Dieu. 


Retour Iconographie